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Salzburger Landessammlungen: Provenienzforschung und Restitution



Table of contents: History of the "Landesgalerie"


Résumé

(traduit par Barbara Brettenthaler)


C’est en automne 1940 qu’il faut situer le début concret de la création de la „Landesgalerie“ à Salzbourg. Quelque temps plus tard, le 13 février 1942,cette dernière qui fut fondée sous forme d’institution jouissant des droits civils par le „Gauleiter“ Gustav A. Scheel. En ce qui concerne la partie substantielle des fonds de ce musée, il s’agissait des 488 objets d’art qui figurent dans le livre d’inventaire, plus précisément de 459 tableaux et de 29 sculptures. En outre les collections de la „Landesgalerie“ comptaient environ 160 objets que l’on peut qualifier de pièces d’équipement, de meubles de style, de tapis et de tapisseries. De même, il faut mentionner des copies réalisées à titre d’études et dont le nombre s’élevait à entre 100 et 200 objets ainsi que des publications en matière d’histoire de l’art. Le 1er juin 1944 la „Landesgalerie“ changa de statut; faisant désormais partie de l’association à but déterminé nommé „Musée de Salzbourg“ (Zweckverband „Salzburger Museum“), elle perdit ses capacités juridiques. Par la suite elle continuait à jouer un rôle subordonné en dehors des institutions officiellement reconnues jusqu’à la fin des années 50 alors que le „Zweckverband“ avait cessé d’exister le 31 décembre 1945.

L’idée de créer à Salzbourg un musée de peinture de renom remonte à l’avant-guerre de 1914. En 1923 elle vit une première réalisation plutôt modeste, à savoir la fondation de la “Residenzgalerie“ qui en fait ne correspondait guère à la vision qui avait animé le projet initital. C’est Friedrich Welz (né à Salzbourg en 1903, mort à Salzbourg en 1980) qui en 1935 recommença à formuler de telles exigences. Issu d’une famille de commerçants salzbourgeois, Welz avait repris en 1934/37 le magasin d’encadrement familial qui se trouvait au 16, Sigmund-Haffner-Gasse. Après s’être établi dans des locaux plus grands au 7, Schwarzstraße (qui correspond au numéro 15 selon la circonscription actuelle), Welz profita des possibilités que lui étaient ouvertes par cette nouvelle situation pour transformer son commerce en galerie. C’est à ce moment-là que naquit la „Galerie Welz“ qui, tenue par d’autres propriétaires, continue à exister aujourd’hui même et qui se trouve à nouveau au 16, Sigmund-Haffner-Gasse.

Avant 1938, Friedrich Welz ne pouvait point compter sur les hommes politiques de la région de Salzbourg pour soutenir concrètement la réalisation de son projet ambitieux dont le but était de créer une galerie publique dirigée par lui. Ce n’est qu’au moment du „Anschluss“ du 13 mars 1938 que les personnes passées au pouvoir nourissaient des amibitions de la même envergure. La région de Salzbourg représentant le „Reichsgau“ le moins important par sa superficie à l’intérieur du „Reich“, son „Gauleiter“ Friedrich Rainer devait faire tout son possible pour justifier l’existence de ce-dernier. De telles tentatives de se mettre en évidence ne pouvaient porter que sur le domaine culturel.

Vu dans ce contexte général, M. Welz enfonçait littéralement des portes ouvertes quant au projet de la fondation d’une galerie régionale. Membre de la NSDAP depuis juillet 1938, il se vit charger de cette mission en 1939/40.

C’est ensuite une décision prise par la Chancellerie à Berlin et qui visait à transformer le château de Kleßheim à proximité de Salzbourg en une des demeures résidentielles de Hitler („Gästehaus des Führers“) qui eut de l’importance dans la création de la „Landesgalerie“. Grâce aux fonds financiers obtenus par la vente du château qui avait été négociée entre le „Reich“ et le „Reichsgau“, M. Rainer, „Gauleiter“ de l’époque, disposait des moyens lui permettant entre autres de réaliser ce projet. A mentionner également un deuxième projet qui à l’époque primait celui du musée des beaux arts: Etant donné que le château de Kleßheim manquait cruellement de mobilier, il fallait trouver des objets historiques. C’est encore Friedrich Welz qui à partir de 1940 fut désigné pour acquérir à Paris ce qu’il fallait. A côté des acquisitions prévues pour Kleßheim, M. Welz y effectua également des achats d’oeuvres d’art à titre privé. Nous savons qu’il informa M. Rainer sur les opportunités insoupçonnées qu’offrait le marché des oeuvres d’art à Paris. De cette manière il arriva à convaincre le „Gauleiter“ si bien que ce-dernier mit à sa disposition la somme nécessaire pour effectuer des acquisitions supplémentaires. Pendant quatre autres séjours à Paris qui eurent lieu entre l’automne de 1940 et l’automne de 1941 Welz acquit des objets d’art et des meubles historiques dont le nombre est inconnu. Le nombre total des marchands d’objets arts aves lesquels il entra en contact est de 43. 312 objets d’art de provenance parisienne dont 288 tableaux et 24 objets d’art plastique furent inscrits aux inventaires de la „Landesgalerie“ par le soin de Friedrich Welz. Tous les objets acquis par lui sont originaires du marché des oeuvres d’art. L’existence de factures qui permettaient de prouver ce fait mais qui sont perdues depuis 1945 est incontestable. C’était Rudolf Holzapfel le fournisseur le plus important à Paris. Il y a 108 objets qui furent vendus à Welz par ce marchand d’oeuvres d’art. M. Holzapfel entretenait de bonnes relations avec des amateurs d’art très notables parmi les Nazis. Il faut croire qu’une bonne partie de ce que M. Welz acheta chez lui ainsi que chez d’autres marchands (entre autres chez Paul Cailleux et chez Raphaêl Gérard) était parvenu à ces personnes par des biais bien ambigus. De même nous pouvons partir du fait que M. Welz avait connaissance de ces rapports. Pour ce qui est du pillage d’oeuvres d’art à proprement parler (et pris strictement dans le sens du terme „Beutekunst“) et des objets tels qu’on les conservait au Jeu de Paume, il faut reconnaître qu’ils n’étaient pas à la portée de Friedrich Welz.

Le 31 juillet 1941 l’exposition „Französische Kunst des 19. Jahrhunderts“ („Art français du 19ème siècle“) ouvrit ses portes à Salzbourg. Cette exposition qui se tenait à la galerie de M. Welz et donc dans un cadre privé avait pour but de montrer les acquisitions de provenance parisienne. L’ouverture officielle de la „Landesgalerie“ n’avait toujours pas eu lieu. C’est le 13 février 1942 que M. Gustav A. Scheel („Gauleiter“ depuis 1942) procéda à l’acte officiel qui correspondait à une simple formalité juridique. Nous apprenons dans le procès-verbal établi à cette occasion qu’abstraction faite aux objets contenus directement dans les collections de la „Landesgalerie“ il y avait également les oeuvres d’art placées dans des bureaux administratifs et dans des châteaux qui faisaient partie des fonds du musée. Il était prévu de manière explicite que l’acquisition de nouveaux objets pouvait s se financer entre autres par la revente d’objets d’art que possédait le musée. Friedrich Welz qui jusque-là avait accompli les missions dont il avait été chargé sans disposer d’ordre officiel et uniquement en vertu de son rôle d’ intermédiaire de „Gauleiter“ („Der Beauftragte des Gauleiters und Reichsstatthalters für die Landesgalerie Salzburg“) passa directeur du musée (titre officiel: „Leiter der Landesgalerie“). A partir de là il allait prendre lui-même en responsabilité la gestion de toutes les affaires effectuées par la galerie. Après l’acte officiel du 13 février 1942 Welz mit en place deux inventaires dans lesquels devaient figurer les fonds complets de la „Landesgalerie“, à savoir une liste „G“ („G-Liste“) mentionnant les oeuvres d’art (G = Gemälde – tableaux) et une liste „E“ („E-Liste“) prévue pour les pièces d’équipement (E = Einrichtungsgegenstände – pièces d’équipement). Ces inventaires sont basés sur des relevés plus anciens. Pour ce qui est de la liste „G“, elle représente la version initiale du livre d’inventaire dont nous vous présentons l’édition. C’est Friedrich Welz qui lui-même en rédiga la première partie (les numéros jusqu‘ à 487), alors qu’ en mars 1944 son assistante Martha Osthoff prit le relais (n°488 et numéros suivants). Les autres notices contenues dans l’inventaire et faisant mention du sort des objets de l’ancienne „Landesgalerie“ datent d’après 1945 et ont été faites par le Captain Sattgast, officier américain des biens culturels, et par le Capitaine Boris Lossky, officier français des biens cuturels.

Les listes „G“ et „E“ servirent de documentation de base au moment où les collections entrèrent en possession du „Reichsgau“ de Salzbourg, à savoir en mai 1942. Etant donné qu’à l’époque il était impossible de trouver des salles représentatives dignes du nouveau musée, ce-dernier gardait son siège à la galerie de Friedrich Welz. Comme nous l’avons précisé avant, celle-ci se trouvait au 7, Schwarzstraße qui correspond au numéro 15 actuel. En ce qui concerne le service administratif et les réserves de la „Landesgalerie“, ceux-ci se trouvaient d’une part à la Résidence de Salzbourg, d’autre part à l’abbaye de Saint Pierre désaffectée à l’époque. Compte tenu du danger que présentait la menace de plus en plus immanente d’une guerre aérienne, une grande partie des collections furent transférées par la suite aux abris antiaériens de la Résidence, du château de Lichtenberg près de Saalfelden et surtout à la maison privée de Friedrich Welz à Sankt Gilgen (à environ 30 km à l’est de Salzbourg). Pendant la période où les évenements de la guerre le permettaient encore, plus précisément entre l’été de 1943 et l’été de 1944, Welz organisa plusieurs expositions qui présentaient des objets faisant partie des collections de la „Landesgalerie“. En outre il ne cessait pas d’acquérir de nouveaux objets. Ce sont 170 oeuvres d’art d’origine autrichienne et pour la plupart acquis sur le marché des objets d’art qui trouvèrent ainsi leur place à côte des 300 tableaux et sculptures aquis en France. Pour ce qui est de ces acquisitions effectuées en Autriche et surtout à Salzbourg et à Vienne, nous constatons un grand éventail sur le plan des provenances qui comprend le type d’affaire effectuée de manière tout à fait correcte aussi bien que le maniement d’objets issus de collections juives transformées en „propriété aryenne“. Plus d’une fois les anciens propriétaires de ces collections d’art comptaient parmi les victimes du régime Nazi et devaient perdre non pas seulement leurs tableaux mais aussi leur vie.

Le 1er juin 1944 marque le point final dans existence de la „Landesgalerie“ en tant qu’institution jouissant des droits civils. Comme toutes les autres collections du „Reichsgau“ et de la Ville de Salzbourg, elle se transforma en partie intégrale de l’association à but déterminé „Salzburger Museum“ et c’est le viennois Bruno Grimschitz, l’un des experts en matière d’art très réputés à l’époque, qui en fut nommé directeur. A son tour, Friedrich Welz ne jouait plus qu’un rôle secondaire. A son départ à la Wehrmacht en septembre 1944 il perdit enfin toutes ses fonctions.

Après l’arrivée des troupes américaines en mai 1945 les autorités occupantes se chargèrent du maniement des objets qui auparavant avaient fait partie de l’ancienne „Landesgalerie“. Les tableaux conservés dans des abris antiaériens furent à nouveau transportés à Salzbourg et pour la plupart gardés provisoirement à la Résidence. La Commission françVaise de Restitution ayant présenté une motion, Friedrich Welz fut arrêté et détenu au camp de Glasenbach (Camp Marcus W. Orr) entre le 9 novembre 1945 et le 17 avril 1947. C’est avec son concours que 198 des 312 objets de provenance française furent retrouvés et restitués à la France. 19 objets ne furent retrouvés que plus tard, ceux-ci sont toujours conservés à la „Residenzgalerie“ à Salzbourg, et il y a 101 autres objets qui restent disparus encore aujourd’hui. Quant aux 170 tableaux dont la plus grande partie est de provenance autrichienne, il faut mentionner que huit de ces oeuvres d’arts furent restituées après avoir été revendiquées par leurs anciens propriétaires juifs. Huit autres objets sont portés disparus. Dans les 154 objets qui sont toujours à Salzbourg il y en a 109 qui se retrouvent actuellement à la „Residenzgalerie“ (y compris ceux qui sont placés dans les bureaux administratifs du gouvernement régional de Salzbourg) alors que les 44 qui restent sont conservés au musée d’art moderne „Rupertinum“, un est à Salzburger Museum. Nouveau directeur du Musée de Salzbourg après 1945, M. Rigobert Funke-Elbstadt prit le rôle d’un interlocuteur en matière d’art pour les autorités americaines en place pendant l’occupation. Autour de 1950, le gouvernement fédéral de Salzbourg commença à s’intéresser aux fonds laissés par l’ancienne „Landesgalerie“. Tous les tableaux encore disponibles furent récupérés. Ils représentent un élément important des fonds de la „Residenzgalerie“ de nos jours, donc de l’institution qui fut privée de ses fonctions et de ses activités en 1939– d’ailleurs tout en continuant à exister officiellement - pour ouvrir à nouveau ses portes en 1952. Dans ce contexte, Friedrich Welz ne se vit pas assigner le rôle auquel il avait aspiré. Avec l’ouverture formelle de la nouvelle „Residenzgalerie“ de Salzbourg qui eut lieu le 3 août 1952, l’histoire de la „Landesgalerie“ peut définitivement ête considérée comme un chapitre clos.

Koller, Fritz: Inventarbuch der Landesgalerie Salzburg 1942-1944.
Salzburg 2000, S. 44-46.


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